Autriche: violations flagrantes lors de raids massifs contre des musulmans, à motivation politique

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Le Conseil de Genève pour les droits et libertés est profondément préoccupée par les violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurités autrichiennes, lors des vastes raids menés dans 4 provinces, qui comprenaient l’arrestation d’au moins 30 Arabes et musulmans.

Le 9 novembre, la police autrichienne a lancé des raids sur plus de 70 maisons dans quatre provinces d’Autriche, dans le cadre d’un mandats d’arrêt contre 30 musulmans.

Parmi les personnes touchées par cette opération figurent plusieurs anciens fonctionnaires du Conseil autrichien pour la religion islamique, en plus d’un employé de l’institut chargé de la formation des enseignants religieux dans les écoles publiques, et comprend également des universitaires, des médecins et des responsables d’associations.

Ces raids ont montré un mépris manifesté des principes fondamentaux des droits de l’homme et des règles de droit en Autriche, ainsi que des intimidations et des exagérations visant à tromper l’opinion publique par une soi-disant opération de sécurité réussie contre “ le terrorisme politique“.

Le parquet de la région de Styrie a admis dans un communiqué que les raids «ne font pas partie des enquêtes liées à l’attentat perpétré la semaine dernière à Vienne. qui a entraîné la morts de 5 personnes, dont l’auteur de l’attaque et en a blessé 17 autres« indiquant que ses raids s’inscrivaient dans le cadre d’une enquêtes approfondie et complète, menée depuis plus d’un an et a pour objectif de s’attaquer au terrorisme.

 

Le conseil de Genève considère la déclaration du ministre autrichien de l’intérieur, Karl Nehammer. selon laquelle Les perquisitions, lancée par la police ont pour objectif de «s’attaquer aux racines de l’islam politique», indique qu’il s’agit d’une campagne liée à une position politique ou à une orientation religieuse, et non liée à à des infractions spécifiques.

Il affirme également que des poursuites judiciaires contre des personnes au motif de leur croyance religieuse, la foi ou l’orientation politique constituent une grave violation du droit à la liberté de croyance et à la liberté d’opinion et d’expression, garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques,ainsi que les lois locales qui garantissent la liberté de croyance et d’expression.

Outre la politisation générale des raids lancées, le Conseil de Genève note que les perquisitions à domicile ont été entachée par certain nombre de violations des droits de l’homme et des règles régissant les raids et les arrestations, notamment la prise d’assaut des maisons la nuit et à l’aube et le fracassement des portes de nombreuses maisons, provoquant la terreur chez les résidents sans égard pour les enfants et les femmes.

En outre, des fonds, des documents et des biens immobiliers ont été saisis sans mandat ni accusations fondées. à l’exception du cadre politique des perquisitions, qui est devenue davantage une tradition de pratiques policières arbitraires dans les pays répressifs.

Le Conseil de Genève prévient que les personnes arrêtées et les résidents concernés par les perquisitions, dont certains sont des enfants et des femmes, se sont vu poser des questions offensantes, désobligeantes et non pertinante violant la vie privée, et suscite  la suspicion de pratiques ordinaires en harmonie avec la loi, telles que la prière ou les coutumes et traditions sociales, ainsi que la position sur la question palestinienne.

Le Conseil de Genève considère que ces pratiques constituent une violation de la liberté d’expression, et de pensée, et imposent une autorité de sécurité afin de soulever la suspicion et l’intimidation de pratiques légitimées par la loi.

Le Conseil de Genève affirme que s’il rejette fermement toute attaque terroriste et exprime sa pleine solidarité avec leurs victimes, et en mettant l’accent sur le soutien à la poursuite des auteurs de ces attentats conformément à la loi, il condamne toute tentative d’exploiter cela pour commettre des violations graves de nature discriminatoire contre des groupes spécifiques sur fond de religion. Ou affiliation ou croyance intellectuelle.

Le Conseil exprime sa préoccupation quant à l’existence d’orientations politiques pour dissoudre les associations ou institutions et fermer les mosquées, sans justification légale et y voit une forme de punition collective et d’exploitation politique des incidents terroristes.

Le Conseil appelle le gouvernement autrichien à revoir les procédures et les décisions qui enfreignent les droits de l’homme et la loi, et d’enquêter sur les violations commises par les forces de l’ordre et de mettre fin à toute répression de nature politique ou contre la liberté d’expression ou de conviction.

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