L’exécution de neuf personnes en Égypte après un procès inéquitable est une violation flagrante des droits de l’homme

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GENEVE – Le Conseil de Genève pour les Droits et les Libertés a condamné aujourd’hui l’exécution de neuf jeunes hommes par les autorités égyptiennes mercredi, à l’issue d’un procès à l’intégrité douteuse et manque de normes juridiques garanties par le droit international.

Le Conseil de Genève a déclaré que la condamnation à mort de neuf hommes accusés pour avoir participé au meurtre de l’ancien procureur général Hisham Barakat lors d’un attentat au Caire en juin 2015 a été prononcé après des soupçons généralisés de disparition forcée, de torture physique et psychologique en utilisant les pires méthodes d’extraction d’aveux, selon les déclarations des neuf détenus au cours du procès. Malgré cela ils ont été jugés et condamnés à mort ce qui constitue une violation flagrante de leur droit à un procès équitable et de leur droit à la vie.

Le Conseil de Genève a mis en garde sur l’absence de procédure régulière dans cette affaire, sur l’absence de garanties d’un procès équitable, qui nécessitent un tribunal indépendant et impartial pour examiner l’affaire et sur la nécessité de respecter le droit international humanitaire.

L’exécution de ces personnes est une démonstration flagrante de l’utilisation croissante de la peine de mort par le gouvernement. Les
autorités ont exécuté six personnes ce mois-ci, dont trois condamnées pour avoir tué un policier en septembre 2013 et les trois autres reconnues coupables du meurtre du fils d’un juge en 2014. La condamnation à mort exécutée en Égypte au cours des trois dernières semaines a porté sur 15 affaires, d’autres sources indiquent que le gouvernement s’apprête à exécuter un autre groupe de condamnés dans les jours à venir. Il est important toutefois souligner que le nombre de condamnations à la peine de mort prononcées depuis l’avènement de Abdul Fattah al-Sisi à la présidence en Egypte a atteint un nombre alarmant de 1056 décisions ce qui reflète un déclin catastrophique du bilan des droits de l’homme en Egypte ces dernières années.

Le Conseil de Genève a noté que cette évolution s’explique par le net déclin du système judiciaire et son impartialité en Égypte, la faiblesse croissante de la liberté de la société civile et la fréquence des arrestations arbitraires, des attaques ciblées et de la torture.

Le Conseil de Genève a appelé les autorités égyptiennes à mettre fin immédiatement à la vague d’exécutions sanglantes, qui constitue un châtiment cruel et inhumain et à neutraliser le système judiciaire du pays et cesser de l’utiliser comme un outil pour dissoudre les opposants politiques et les détracteurs du régime à l’intérieur du pays.
Il a également réitérer son appel à une action internationale urgente pour libérer tous les prisonniers politiques en Égypte, estimés à plus de 60 000 détenus depuis juillet 2013, et pour mettre fin aux violations des droits des défenseurs des droits de l’homme et des opposants.

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