Un rapport du Conseil de Genève pour les droits de l’Homme et la justice appelle à une solution internationale urgente au sort des réfugiés bloqués dans le camp de Moria en Grèce

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GENEVE – Le Conseil de Genève des Droits de l’Homme et de la Justice a publié aujourd’hui un rapport documentant des détails horribles de la tragédie de milliers de réfugiés bloqués dans le camp de Moria en Grèce, réclamant une solution internationale immédiate aux violations humanitaires commises dans le camp.

Le Conseil de Genève a indiqué dans un communiqué de presse que le camp de Moria accueille actuellement plus de 8 000 réfugiés, d’une capacité de 3 200 personnes, tandis qu’environ 11 000 réfugiés vivent sur l’île de Lesbos en Grèce.
Le Conseil de Genève a averti de la situation du camp de Moria qui est au bord de l’explosion, où les espaces sont très limités et où de nombreux réfugiés vivent sous des tentes à l’extérieur du camp principal.

Le Conseil de Genève a reçu des témoignages de réfugiés résidants actuellement dans le camp qui se sont plaints de traitement inhumain et de manque de fournitures de base, comme une humiliation et une insulte à leur dignité. Les conditions sanitaires sont très mauvaises , un sanitaire seulement est mis à disposition pour plus de 70 personnes.

Le Conseil de Genève  a averti que le camp de Moria était en train de devenir un centre de détention où les migrants fuyant l’enfer de la violence, des guerres et de la pauvreté arrivés en Grèce après un voyage périlleux en risquant parfois la noyade se retrouvaient traités sans aucune dignité humaine.

Il est supposé que le séjour d’un réfugié dans le camp ne doit pas dépasser une semaine, à la suite de quoi il doit se rendre sur le continent grec en préparation de son transfert dans le pays hôte, tandis que ceux qui ne remplissent pas les conditions supposées sont renvoyés en Turquie. Alors qu’en réalité la durée de séjour et l’attente de décision à la demande d’asile peut durer des années et sans autre choix que de rester et de patienter jusqu’à ce que vienne la solution. Même ceux dont l’issue de la demande d’asile a été programmée pour la première audience ne verront leur demande prononcée qu’en 2020 ou 2021.

Le camp de la Moria a été ouvert en 2015 dans le but d’en faire un lieu de transit pour les gens, pour de courtes périodes de quelques jours seulement, mais certains arrivés au camp il y a déjà plusieurs années n’en sont pas encore partis.
Les réfugiés de Moria se sont plaints du fait que de nombreux réfugiés faisaient souvent face à des violences, au surpeuplement du camp et à la détérioration de leur état de santé. De nombreux réfugiés l’ont décrit comme le pire camp au monde, devenant pratiquement un cimetière.
Les migrants se sont plaints auprès du Conseil de Genève de la pénurie d’eau, du nombre insuffisant de sanitaires disponibles, du manque de ressources médicales dans les services médicaux et de l’absence de soutien psychologique pour soulager les souffrances causées par les combats quotidiens entre les réfugiés eux-mêmes.

A Moria, chaque famille reçoit 1,5 litre d’eau par personne et par jour, et il faut attendre que la cuisine et les boissons soient préparées. Il faut se lever à 4 heures du matin pour s’ assurer de recevoir cette eau, qui est distribuée à 8 heures du matin, alors que la file d’attente est longue et que la tension augmente constamment. Malgré la chaleur et le surpeuplement, certaines familles vivent dans des tentes mal ventilées où l’air n’entre pas.

Les enfants du camp sont témoins de tout, ils voient leur mère s’effondrer et atteindre le seul de tolérance zéro. Sans oublier le manque de sécurité et de stabilité et la réflexion constante sur la recherche de la sécurité des enfants, la peur et la confusion, la protection des enfants contre le harcèlement sexuel et l’émergence de maladies physiques, en particulier l’absence de comités médicaux et le manque de fournitures médicales pour tout urgence ou traitement médical urgent.

De plus, les enfants sont affectés psychologiquement de devoir accompagner leurs mères les matins dans la file d’attente pour l’eau. Parallèlement aux possibilités d’apprentissage limitées à Moria, les parents craignent de perdre l’avenir de leurs enfants. Il est même probable que les enfants syriens âgés de moins de 10 ans n’aient jamais vu une salle de classe.
Tout comme la crainte que les enfants acquièrent de multiples cultures sans surveillance, sans protection et en l’absence de suivi de tout droit de l’enfant dans le cimetière de Moria.

Les migrants de Moria sont contraints de se lever à 4 heures du matin pour prendre leur petit-déjeuner, qui est distribué entre 8 heures et 8 heures 30, tout comme l’eau, sinon, ils ne peuvent prendre de petit-déjeuner.
Ceci est fait sans tenir compte des personnes âgées, des mineurs, des femmes enceintes, des enfants, des malades, des blessés et de la surpopulation de la file d’attente pour plus de 5 000 réfugiés recevant de la nourriture en même temps. Il faut réserver un endroit pour prendre son petit-déjeuner à partir de 5h00 du matin jusqu’à 8h00 du matin et c’est ainsi que les mêmes scènes se répètent pour les déjeuners et les dîners.

Les migrants se plaignent de repas médiocres, d’une cuisine incomplète et de la répétition du type de repas tout au long de la semaine, tandis que de nombreux produits pourrissent du fait de la distribution au soleil.
Des affrontements quotidiens opposent les réfugiés conséquence d’une terrible pression psychologique. Les migrants se plaignent des violences infligées par les forces de police grecque lorsqu’ils interviennent dans la résolution des affrontements.
Plus généralement, les migrants se plaignent de la propagation de maladies dans le camp de Moria, de traitements dégradants et du recours à la répression pour les empêcher de déposer plainte, de l’absence de fournitures au besoins essentiels ainsi que le manque de sécurité et l’exposition au vol et même au meurtre.

Le Conseil genevois des droits de l’Homme et de la justice se prononce sur le fait que les autorités grecques ne répondent pas aux besoins des réfugiés ce qui constitue une violation des obligations qui incombent à l’État en vertu du droit pénal et international et qui énonce explicitement à l’article 20 que « l’ensemble des normes minimales pour le traitement des détenus », selon quoi une nourriture adéquate et saine devrait être fournie aux détenus.

Le Conseil genevois des droits de l’Homme et de la justice a affirmé que les conditions de vie des réfugiés dans le camp de Moria contrevenaient à la Convention relative aux droits de l’Homme, en particulier selon l’article 3, qui stipule que nul ne sera soumis à un traitement dégradant. Les réfugiés en Grèce souffrent de traitements cruels et cela sur la base de la connaissance des autres pays del’Union européenne qui sont donc tenus de réagir pour déplacer les réfugiés de Grèce.

Le Conseil de Genève  a conclu son rapport en rappelant que l’article 31 de la Convention de 1951 sur les réfugiés prévoyait que les réfugiés doivent bénéficier de facilités leur permettant d’obtenir l’admission d’un autre pays en tant que demandeurs d’asile si l’État dans lequel ils séjournent ne souhaite pas le leur accorder.
C’est donc la d’abord la responsabilité de la Grèce car elle n’est pas en mesure de traiter ces demandes.

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